8 juin 2011, le jour où la planète Internet bascule en IPv6… pour 24 h

L’IPv6 Day, c’est mercredi. Pendant 24 heures, une bonne partie de l’internet mondial deviendra un banc de test géant pour le protocole chargé de rendre la suite de l’actuel IPv4, à bout de souffle et surtout d’adresses. Que va-t-il se passer ? Pour l’utilisateur, pas grand-chose, sans doute, comme nous l’explique Nicolas Scheffer, de Cisco. Mais peut-être quelques petits bugs quand même…

Mercredi, un événement va concerner l’internet mondial. Pourtant, vraisemblablement, personne ne s’apercevra de rien : pendant 24 heures, pour l’IPv6 Day, un test à l’échelle planétaire mettra en service le protocole IPv6, un ensemble de règles qui régissent les échanges au sein du réseau Internet, entre les ordinateurs, les routeurs et les serveurs. Il est destiné à prendre la place de l’IPv4, utilisé partout dans le monde depuis 1981 mais condamné à l’abandon à brève échéance. Voilà près de vingt ans que l’on s’y prépare et que l’on retarde l’échéance, mais cette fois, c’est à coup sûr la fin de la route.

On le sait depuis longtemps, la première limite d’IPv4 (Internet Protocol version 4) – mais pas la seule – est celle du nombre d’adresses. C’est un problème trivial de numérotation, comme celle de la téléphonie qui a dû passer du « 22 à Asnières » aux dix chiffres. Une adresse IP, avec ce protocole, est constituée de quatre nombres (ou octets) compris entre 0 et 255, séparés par des points : « 198.37.201.4 » par exemple. Écrite sur 32 bits, cette numérotation permet donc 232 combinaisons, soit 4,3 milliards… et nous y sommes. Il n’y a aujourd’hui que 2 milliards d’utilisateurs d’Internet mais il faut compter avec les réseaux locaux, tous les systèmes informatiques de la Toile et les derniers arrivants : les téléphones mobiles.

L’IANA (Internet Assigned Numbers Authority) accorde des gros paquets d’adresses (16,7 millions chacun) à de grandes zones géographiques, où ils sont ensuite distribués au détail. Les derniers stocks IPv4 ont été accordés à leurs zones géographiques en février 2011. Au début de l’année, plusieurs grands acteurs d’Internet ont fait parler de la pénurie d’adresses Internet et au mois d’avril, l’Apnic (Asia-Pacific Network Information Center), organisme chargé de la distribution en Asie, a commencé à rationner les attributions.

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